La chevrerie INRA de Grignon

     Claire a pu assister à la traite des chèvres à l'INRA (Institut National de Recherche Agronomique) situé juste à coté de la ferme de Grignon. Elle en a profité pour poser pleins de questions sur l'élevage caprin.

Les races:
     A l'INRA deux races de chèvres sont présentes, les Alpines (marron et noire) et les Saanens (entièrement blanche). Elles représentent à elles deux les races majoritaires en France. En effet se sont les meilleures productrices de lait.

Race Alpine

Race Saanen


La traite:
      La traite commence le matin à 7h et se termine à 8h30 pour reprendre l'après-midi à 15h et se finir à 16h30. Il y a actuellement 120 chèvres à la traite dont une vingtaine de chevrettes qui viennent de mettre bas pour la première fois. Les chèvres ont seulement deux quartiers (contrairement à la vache qui en a quatre). Une chèvre produit entre 3 et 6 litres de lait par jour. A l'INRA de Grignon la traite se fait grâce à un roto (salle de traite rotatoire) de 10 places chacune équipée d'un compteur de lait individuel.

Les maladies liées à la production laitières:
       Comme les vaches, les chèvres sont également atteintes de mammites notamment après la mise bas. En revanche elles ne souffrent pas de fièvre de lait comme c'est parfois le cas en production laitière chez les bovins.

Devenir du lait:
       L'INRA vend la majeure partie du lait à des laiteries privées. Le reste est transformé directement sur place à la laiterie de la ferme de Grignon. Ce partenariat permet de proposer aux clients des yaourts au lait de chèvre qui ont un goût très spécifique. Avis aux amateurs!
Yaourt de chèvre vendu à la ferme de Grignon


La reproduction:
       Une chèvre atteint sa maturité sexuelle à environ six mois et fait son premier chevrôtage (mis bas) à seulement un an (contre deux à trois ans pour une génisse). La mise à la reproduction se fait en septembre, lorsque les jours raccourcissent car les chèvres deviennent fertiles à cette période. Elle se fait soit par IA (Insémination Artificielle) soit par monte naturelle. La durée de gestation est de cinq mois et la période de chevrôtage s'étend de janvier à février. Une chèvre donne naissance à deux ou trois chevreaux en moyenne par mise bas et par an.

Les chevreaux:
        Les chevreaux sont placés en nurserie sous des lumières rouges chauffantes, juste après leur naissance, pour assurer leur survie. Ils reçoivent le colostrum de leur mère, c'est le lait que produit la chèvre juste après la mise bas: il est très riche et permet au chevreau de développer son système immunitaire. Ensuite ils sont nourris avec du lait en poudre réhydraté grâce à un DAL (Distributeur Automatique de Lait). A un mois et demi environ, les chevreaux ont du foin à leur disponibilité pour les habituer petit à petit à une alimentation solide avant le sevrage qui se fait à trois mois. Les femelles sont gardées à l'INRA pour renouveler le troupeau.  Les mâles sont quant à eux vendus soit à l'abattoir lorsqu'ils ont atteint les 12-13 kilos, soit à des éleveurs qui souhaitent compléter leur cheptel.

L'alimentation:
        Les chèvres adultes ont une ration composée de foin, de luzerne, de pulpe de betterave et de concentrés. L'INRA achète tous les aliments, elle ne possède pas de terre pour les produire elle-même, il s'agit donc d'un élevage hors sol.

Les expérimentations:
Table INRA
        L'INRA est un établissement à vocation de recherches, les chèvres font donc l'objet d'expérimentations, comme les vaches de Grignon. Hors période de chevrôtage, les techniciens et chercheurs analysent la digestibilité des différentes rations données aux chèvres pour ensuite établir les tables INRA qui servent à confectionner les rations dans tous les élevages de France.



Les antibiotiques en élevage

Un antibiotique qu'est-ce que c'est?
       Il s'agit d'une molécule qui permet soit de tuer les bactéries soit de stopper leur croissance et multiplication. L'antibiotique agit le plus souvent sur la paroi des cellules bactériennes, élément indispensable à leur survie, en les détruisant ou en inhibant leur synthèse. Les antibiotiques sont donc très utilisés en médecine humaine et vétérinaire pour soigner les maladies infectieuses d'origine bactérienne.

Comment les antibiotiques sont utilisés en élevage? 
       Les antibiotiques peuvent avoir deux fonctions en élevage:
  • Servir de médicament pour soigner les maladies infectieuses comme dit précédemment.
  • Booster les performances des animaux d'élevage. En effet certains antibiotiques lorsqu'ils sont ingérés par les animaux et donc utilisés comme additifs, sélectionnent les bactéries très efficaces dans l'appareil digestif. Ainsi la digestion est elle même plus efficace et par conséquent les productions de lait ou de viande le deviennent aussi. Cependant les antibiotiques utilisés à cette fin ont été interdits par l'Union Européenne en 2006 dans le but de limiter leur consommation excessive. Dans certains pays comme en Amérique du Nord ces antibiotiques sont toujours utilisés par les éleveurs qui n'ont pas les mêmes normes de production à respecter qu'en Europe.

Pourquoi les antibiotiques c'est pas automatique?
      On entend souvent ce slogan et c'est dans cette optique que les antibiotiques utilisés comme additifs ont été interdits dans l'Union Européenne. En effet si l'on consomme les antibiotiques de manière excessive, les bactéries s'y adaptent et développent des résistances, ce qui les rend plus difficile à combattre. Il faut donc minimiser leur consommation et n'y avoir recours que lorsque ceci est véritablement nécessaire. Le Plan Ecoantibiotiques 2017 à été mis en place pour réduire de 25% la consommation d'antibiotiques.

Comment et quand décide t'on de les utiliser?
       En élevage les animaux sont le plus souvent regroupés dans des bâtiments ce qui favorise la propagation rapide des agents pathogènes. Deux situations peuvent se présenter aux éleveurs:
  • Très régulièrement l'élevage est atteint d'une infection qui touche beaucoup d'animaux, l'éleveur peut décider de traiter ses animaux en prévention avant que la maladie ne se déclare. Il y a donc un risque de traiter des animaux sains sans certitude que la maladie ne frappe cette fois-ci et donc d'utiliser des antibiotiques à tord. Mais si la maladie frappe alors on aura minimisé ses effets et donc les pertes économiques et animales. On appelle cela la Prophylaxie, ou principe de prévention.
  •  Si un ou plusieurs animaux sont atteints d'une infection bactérienne, il se pose alors la question de savoir si l'on traite seulement les animaux en question ou tous les autres animaux par mesure de prévention. Ici on a un risque de traiter des animaux sains à tord mais cette méthode permet de traiter des animaux en état d'incubation de la maladie et de limiter sa propagation. On appelle cela la Métaphylaxie.
      La Métaphylaxie est toujours privilégiée car elle présente un moins gros risque d'utilisation excessive d'antibiotiques.

Est-ce qu'on mange des antibiotiques via notre alimentation?
     Les consommateurs ont souvent la crainte d'ingérer des antibiotiques via la viande, le lait ou encore les œufs. En effet le taux Zéro antibiotique est impossible. Mais une LMR (Limite Maximale de Résidus) est fixée de telle sorte que les produits alimentaires issus d'élevage contiennent une quantité minime d'antibiotiques n'impliquant pas d'effet sur l'organisme humain. Ainsi chaque produit est contrôlé de manière très stricte. Par exemple le lait est jeté lorsqu'une vache est traitée aux antibiotiques pour soigner une mammite. De même les animaux recevant un traitement ne peuvent pas être envoyés à l'abattoir dans un délais obligatoire après la fin du traitement. Pour les produits importés, là aussi les contrôles sont très stricts et automatiques. Si un produit ne provenant pas de l'Union Européenne ne respecte pas les normes fixées, alors elle est en droit de le renvoyer au pays exportateur.
Antibiotique injecté dans le quartier atteint d'une mammite


       La consommation d'antibiotiques en santé humaine est également très importante et constitue une des questions majeures de la gestion de la santé dans notre pays. Nous en consommons très peu dans notre alimentation en réalité, en revanche notre consommation volontaire d'antibiotiques est à remettre en cause.




Fièvre de lait

       On entend souvent parler de la fièvre de lait, mais de quoi s'agit-il?

       La fièvre de lait survient le plus souvent après les premières traites suivant le vélage.

Le symptômes
  • Phase 1: La perte d’appétit, diminution de l’abreuvement, qui conduit à l’arrêt de la rumination.
  • Phase 2: la vache se couche, la fréquence cardiaque augmente, la température diminue.
  • Phase 3: l’animal sombre dans le coma, qui mènerait à la mort en cas de non intervention vétérinaire.

Mécanisme:

        Avant le vêlage les vaches sont taries pendant deux mois, ce qui signifie qu'elles ne produisent pas de lait. Il n'y a donc aucune exportation de calcium vers la mamelle durant cette période. Après le vêlage la production laitière reprend brusquement, ce qui implique une exportation très importante et soudaine de calcium vers la mamelle. Celui-ci est puisé dans un premier temps dans le sang ce qui fait chuter très rapidement le taux  de calcium sanguin, on appelle cela une hypocalcémie. Dans le cas d'un animal sein, trois hormones vont être rapidement sécrétées pour délivrer le message de déstockage du calcium par les cellules et ainsi faire ré-augmenter la calcémie. Chez les animaux atteints de fièvre de lait les cellules n'ont pas les récepteurs au message en quantité suffisante, celles-ci ne déstockent donc pas leur calcium et l'animal reste en état d'hypocalcémie, induisant les symptômes décrits précédemment.


Soin à apporter:

       Une perfusion de calcium peut être prescrite dans le cas d'une hypocalcémie, d'une part pour pallier le manque de calcium sanguin, d'autre part pour réactiver le mécanisme de déstockage du calcium cellulaire.


Prévention:

        Lors du tarissement, il est possible de limiter l'apport en calcium afin d'éviter des excès qui pourraient accroitre la différence de calcémie après la première traite.  


Code de la route

           Notre bien chère Jade, du haut de ses 19 printemps va bientôt passer son permis (askip c'est le 26 Février, veille du Salon). Alors des petites révisions du code de la route s'imposent. Et c'est Claire et Héritière 61 qui font office de moniteurs auto-école. 

         Attention, à la sortie de la ferme il y a un stop, c'est le panneau tout rouge en forme d'hexagone avec écrit STOP dedans, tu ne peux pas te tromper Jade. Ce panneau indique que tu dois t'arrêter et regarder de chaque côté s'il ne vient pas une voiture. 

         Prends exemple !

On regarde bien à gauche....

Le TNLA, un entrainement quotidien

  Aujourd'hui l'entrainement fut presque une épopée pour nos deux comparses!!

Au programme:
  • Grande balade dans un chemin encore inconnu.
  • Passage sur la route avec voitures, camionnette puis camion.
  • Petite discussion avec des visiteurs de la ferme.
  • Défilé devant un groupe d'enfants.
  • Contention chacune leur tour sous le regard bienveillant des vaches méthanes.
Il est beau ce tracteur, on aurait dû en commander un pareil à Noël!

C'est pour faire quoi toutes ces cordes? Moi aussi je peux jouer?

Une petite léchouille Elise?

Coucou c'est nous!

Les actifs de la ferme

       Chaque jour quand nous arrivons à la ferme de Grignon pour faire notre "séance vache" quotidienne, nous commençons d'abord par dire bonjour aux différents actifs de la ferme que nous sommes amenés à croiser. Ils sont tous de très bons conseils et nous donnent volontiers un coup de main. Alors il nous a semblé évident de vous les présenter, à la fois pour les remercier mais aussi pour que vous les reconnaissiez lorsque vous irez visiter notre belle ferme.

Dominique Tristan, Directeur:
Dominique Tristan
       Dominique est le directeur de la ferme depuis 2007. Et avant cela il a obtenu le même diplôme que nous sommes en train de préparer, c'est à dire un diplôme d'ingénieur agronome. Il est ainsi entré à AgroParisTech en 2000. De plus il a passé ses deux dernières années d'études en apprentissage. Aujourd'hui il gère la ferme d'un point de vu administratif mais il s'occupe également en grande partie des cultures
de la ferme.


Pierre-Henri Pomport, Directeur-Adjoint:
        Pierre-Henri travaille à la ferme en tant que directeur adjoint depuis seulement trois mois. Il a également obtenu son diplôme d'ingénieur à AgroParisTech il y a un peu plus de deux ans, sous le status d'apprentis. Comme nous, il y a cinq ans, Pierre-Henri a participé au TNLA et a obtenu le quatrième rang (mais nous on va faire mieux!!) et comme nous il a aussi travaillé à la ferme le week-end pour la traite. Alors amoureux de Grignon il y est revenu. En plus d'être directeur adjoint il est en charge des expérimentations menées à la ferme, il doit ainsi prélever, analyser et rédiger des synthèses pour les fabricants.


Damien Moteau, Responsable du troupeau bovin:
         Damien est vacher depuis maintenant onze ans à la ferme et est responsable du troupeau depuis quatre ans. C'est un vrai passionné toujours prêt à nous transmettre son savoir au sujet des vaches laitières. Il doit s'occuper du suivi de l'alimentation, de la reproduction, des soins vétérinaires, de la commercialisation des animaux et bien sûr de la traite.
Damien Moteau

Mickael Leray, salarié agricole:




Mikael Leray
        Cela fait huit ans que Mickael travaille à la ferme de Grignon. Il participe aux travaux des champs, à l'entretien de la ferme et aussi tout ce qui touche à l'élevage, c'est-à-dire la traite, l'alimentation et les soins. Il a également reçu une formation d'inséminateur, il réalise donc une bonne partie des inséminations des vaches laitières de la ferme. Mickael est la joie incarnée, toujours prêt à amuser la galerie, il est aussi très instruit, agriculteur dans la peau il ne manque pas une occasion de
                                  nous transmettre son savoir.


Corentin Josserand, salarié agricole:
         Corentin est arrivé à la ferme très récemment puisque cela fait seulement trois mois. Il occupe le poste de vacher et participe donc à la traite, aux soins des animaux, à l'alimentation... Il a un bac pro CGEA. Corentin est un expert en concours puisqu'il y participe souvent avec les animaux de sa ferme familiale (race Montbéliarde et Abondance). Il nous aide pour que les vaches marchent bien et à les tondre pour qu'Héritière soit toute belle le jour J.
Corentin Josserand




Julien Baillet

Julien Baillet, apprenti:
       Julien est apprentis pour un an à la ferme de Grignon et a commencé en septembre 2015. Il a obtenu son BTS PA l'année dernière et est actuellement en CS Bovin Lait (Certificat de Spécialisation). Julien a participé au TNLA 2015 en section race laitière grand effectif et a obtenue la meilleure place puisqu'il a fini grand vainqueur toutes catégories confondues. Monsieur à moustache aime surtout aller faire boire les veaux, sous le regard des génisses d'AgroParisTech.


Alexandre Levallois, salarié agricole:
Alexandre Levallois
      Il occupe le même poste que Corentin mais depuis bientôt deux ans. Avant de travailler à la ferme Alexandre a obtenu son DUT Commerce (Diplôme Universitaire de Technologie) puis son BTS agricole. Il est toujours blagueur et amuse la galerie dès qu'il le peut.




         Dans cette ambiance très masculine à l'atelier troupeau laitier de la ferme, nous les filles, sommes très heureuses d'apporter notre touche de féminité!

     Bien sûr beaucoup d'autres personnes travaillent à la ferme de Grignon, à l'atelier, au secrétariat, aux recherches expérimentales, à la bergerie ainsi qu'à la laiterie et à la boutique.

      

Du soutien de l'autre coté de la France !

      L'équipe du TNLA remercie la classe de première STD2A (Sciences et Technologies du Design et des Arts Appliqués) du Lycée Saint Joseph à Avignon. 


      En particulier: Céline, Héloïse, Fleurette, Amélie, Maxime, Julie, Emma, Laurène, Léa et Apolline pour vos supers dessins ! 


Merci pour votre soutien !